L'église de Moidieu-Détourbe

Bâtie sur un socle de terre et de roche, élevée à mains d’homme, la première église de Moidieu fut construite au début du XIe siècle, dans un style roman. De cette période, le clocher perdure, remarquable par sa finesse, ses nervures et ses quatre ailerons de pierre.


À la fin du XIVe siècle, l’église romane est modifiée : un chœur fermé est construit, sans fenêtre et sans vitrail. Une peinture monumentale (classée aux Monuments historiques en 1988), représentant les douze apôtres, date de cette époque.


Malgré les tribunes situées au dessus de l’entrée, la taille de l’église

à la fin du XIXe siècle ne permet pas de contenir la foule des fidèles

lors des célébrations religieuses. En 1899, deux nefs latérales sont

bâties sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Le 25 mars 1900, la

nouvelle église de Moidieu est consacrée par le chanoine Serlin,

archiprêtre de Saint-Maurice-de-Vienne, délégué à cet effet par

Monseigneur Henry, évêque de Grenoble, en présence des prêtres

des communes voisines ainsi que du curé et du vicaire de notre paroisse.


Cette nouvelle construction est réalisée par Louis Dufier, entrepreneur à Lyon.

Les archives indiquent un prix de 34 000 francs payés par :
   - le  Conseil de Fabrique à raison de 22 000 francs ;
   - l’Abbé Charles Bardin, curé de Moidieu 2 000 francs;
   - La commune pour 2 000 francs et l’État pour 8000 francs.

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Le Prieuré de Moidieu-Détourbe

Le prieuré  est construit au début du XIe siècle. Dédié à Saint-Jean, ce prieuré bénédictin dépend de l’abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne. La première information que l’on retrouve remonte à l’an 977 : un mandement de l’archevêque de Vienne qui ordonne au prieur de  « Moidiaco »  de lui remettre l’intégralité des revenus de son prieuré sous peine d’excommunication !
Autre trace écrite : en 1159, Martin Boneyra, prieur de Moidieu est témoin lors de la donation par l’abbé Jean-de-Vienne à l’abbé Pierre-de-Bonnevaux du territoire de San-Vit situé sur la paroisse de Saint-Georges-d’Espéranche. Pendant plus de 550 ans le prieuré est tenu par les religieux bénédictins. Entre 1556 et 1579, François de Buffevent est cité comme prieur en poste à Moidieu et de 1579 à 1585, Pierre Areoud lui succède et sera le dernier prieur.


Au début du XVIIe siècle, le prieuré de Moidieu n’existe plus que par son nom.
En 1792, le bâtiment est acheté par la nouvelle administration communale qui

le transforme en maison commune où se réunissent les assemblées cantonales

des six communes composant le canton de Moidieu. En 1814, la toiture et une

partie des murs et des planchers s’effondrent.
Le maire, Daniel de Montauban et son adjoint Sébastien Nardin font réparer le

bâtiment et en 1823, le prieuré est transformé en mairie puis en école, d’abord

de garçons, puis en école de filles jusqu’en 1928 où les classes deviennent mixtes.

 

L’église et le prieuré ont fait depuis l’objet de différents travaux de mise en valeur

ou de conservation du patrimoine :
• Électrification des cloches dans les années 1960.
• Réfection des toitures en 1972 et 1973.
• Réfection du clocher en 1998 et 1999.
• Classement aux Monuments historiques, au titre d’objet, la peinture murale de l’église en 1988.
• Réfection des peintures du XIVe siècle et de la voute en cul-de-four par la DRAC, en 1990 et 2001.
• Rénovation intérieure en 2004 et 2005.

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Les croix du village de Moidieu-Détourbe

Les croix situées à la croisée de chemins et symboles de la foi d’un lieu, sont installées dans tous les villages de France depuis le Moyen-Âge. Ces croix en bois, fer forgé, ciment et fonte, agrémentent les bourgs, hameaux et les routes de campagne. A Moidieu, on trouve cinq croix, probablement installées sur la volonté de la commune ou celle d’une famille. Autrefois, le 25 avril, jour de la Saint-Marc, une procession

menait à la croix de l’Amballon pour demander la protection des récoltes. Cette croix a

aujourd’hui disparue. D’autres subsistent : la croix des Granges, la croix du Cancelet, la croix

de Michard, la croix de Monchamp et la croix de Michalloud. Durant les Rogations, fêtes

instituées en 474 par Saint-Mamert, archevêque de Vienne, les trois jours précédents

l’Ascension étaient marqués par une procession, après la messe, qui s’arrêtait à chaque croix

dressée aux carrefours des hameaux où un reposoir avait été déposé par les personnes

pieuses. Le lundi, la croix du Cancelet et Michard étaient bénites, le mardi, la croix de

Monchamp et Michalloud, et le mercredi, la croix des Granges. Traditionnellement, le

premier dimanche de Mai est le jour de la fête des croix. Autrefois, chaque foyer

confectionnait des croix en noisetier que le prêtre bénissait le jour de l’office. Les

habitants les plantaient dans leurs jardins, écuries comme protection pour les récoltes et le bétail.

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Les constructions en terre (pisé)

Le nord du département de l’Isère a historiquement développé les constructions en terre.
À Moidieu-Détourbe comme dans de nombreuses communes voisines, on trouve de remarquables constructions en pisé.
La technique de construction en pisé consiste à monter les murs par couches successives (banchées) de terre compactée au pilon dans des coffrages de bois (banches). Les joints entre les banchées sont réalisés à la chaux. Craignant l’eau, les constructions de pisé présentent toujours à leur base un solin de pierre ou de galets et sont protégés par des toitures débordantes. Les murs de pisé du centre village sont ornés de galets ronds, présents dans les sols.

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